Ouais ouais ça roule, c’est cool, c’est bon esprit…Voilà exactement le genre de drum n’bass qui donne juste envie de fixer le fond de son verre au bar, en se demandant à quel point une partie de la jeunesse européenne est anesthésiée ou manque d’envie pour se contenter de ça. Car c’est ce qu’il nous faut maintenant subir dans une majorité de soirées sous bannière d’n’b.
La paresse suinte dès la platitude du titre. Ca fait tout son possible pour cacher son pedigree électronique derrière des samples de cuivres et de batterie. Ca brasse toutes les éléments les plus gentillets du ragga en évitant soigneusement ceux qui pourraient dégager une quelconque vibe un tant soit peu réelle.
Mais bordel à roulettes, quel plaisir à se caler sur un beat aussi simpliste (ne pas confondre avec simple) s’il n’a pas de textures prenantes pour transcender le tout ? Si l’aspect technologique du genre est si gênant - la programmation rythmique exploitant les possibilités du PC/sampler, les subs qui prennent aux tripes, l’énergie et l’atmosphère hors des normes - pourquoi ne pas aller danser sur de la vraie musique acoustique, qui swingue et qui vit, plutôt que sur une parodie appauvrie écrite sur séquenceur ?
Le morceau péchu du maxi, « Creeper », est une niaiserie vite torchée avec des flatulences de basse sans relief comme un grec qui ne passe pas. Et ce n’est pas une question de violence ou de noirceur, les shops sont pleins de sorties drum n’bass positives, grand public, dignes d’être jouées (par exemple Pendulum !). Mais la joie molle de palmier en plastique est vraiment trop déprimante.





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