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Darkbeat, an electro world voyage

Par David
Publié le 19 juillet 2007 à 19:08
Style : Techno / Electro

Notre avis : 8 / 10 -

Celui là on attendait de le voir depuis un bout de temps. Un documentaire DVD sur le mouvement electro (au sens premier du terme) récompensé à divers festivals de films indépendants… il n’en faut pas plus pour nous rendre fébriles.

Iris B. Cegarra Arbelaez, réalisatrice américaine d’origine vénézuelienne, a plongé au cœur d’un des genres les plus sous-estimés et pourtant les plus fidèles aux racines de la musique électronique. La demoiselle connaît son sujet : en 2001 elle avait déjà exploré la scène electro underground de Floride dans « Bass Frequency », et a aussi signé un clip pour le mythique projet electro-freestyle de Miami Planet Patrol. Tourné en 2005, Darkbeat élargit l’horizon et dresse un panorama de l’internationale robotique actuelle. Constat : les enfants de Kraftwerk et Afrika Bambaataa sont disséminés au quatre coins du globe, de Detroit à Madrid. Une bonne partie des grands noms passés et actuels de la scène font une apparition au fil des 55 minutes : Egyptian Lover, Ectomorph, Andrew Weatherall, Cosmic Force, Dark Vektor, Dexorcist, Dj Godfather, Aux 88, The Advent, Boris Divider ou le français SMB… la liste est généreuse, tout comme les images de soirées qui vous mettent directement dans le bain.

Le voyage est plus géographique que temporel. Le documentaire se focalise en majeure partie sur l’état actuel de la scène plus qu’il ne s’attarde sur son histoire incroyable où se télescopent les hommes-machines de Düsseldorf, Herbie Hancock, la Zulu Nation et la pop synthétique des années 80. L’aspect historique n’est pas éludé pour autant, notamment via un chapitre sur la scène electro-funk anglaise des années 80. Ou encore des références incessantes à Kraftwerk, Man Parrish ou Cybotron… mais on aurait pas détesté encore plus de détails et de documents d’archive sur les racines hip hop du mouvement, le lien avec la breakdance etc...

Le film aurait aussi gagné à montrer comment et pourquoi l’electro est toujours resté aux portes de l’overground sans jamais en franchir le seuil : contrairement à la house, la techno ou la drum n’bass, le genre n’a jamais connu de surexposition passagère. Il s’est au contraire disséminé dans tous les autres courants comme un virus. En 2007, l’electro est partout, d’Autechre aux instrus de rappeurs MTV en passant par les descendants actuels des Daft Punk. Mais de façon diluée, détournée, subliminale. Ce que résume d’ailleurs très bien un des interviewés : « l’electro n’est pas un genre de musique électronique mais une façon d’aborder la musique électronique ». Toujours est-il que dans sa forme pure, il demeure à jamais un « secret » de passionnés.

A coté de ça, Darkbeat reste un manifeste soigné visuellement (le mélange d’images vidéo et 16 mm fonctionne très bien) et fourmillant d’informations. Il en ressort que l’electro est d’abord une histoire d’amour fusionnelle entre l’homme et la machine (le chapitre très complet sur les synthétiseurs et boite à rythmes de légende est à baver pour qui est sensible à la beauté des potards). En filigrane on sent toute l’attitude ambiguë de cette musique face à la technologie : fascination pour ce qu’elle apporte de positif mais plus encore pour la menace qu’elle représente. C’est la musique de toute une génération élevée au droïdes de Star Wars, aux Transformers, aux bornes d’arcade et aux mégalopoles de néons à la Blade Runner. Tout un imaginaire partagé par des gamins blancs et noirs aux quatre coins du monde, qui ressurgit en musique quelques années après de façon assez incroyable. Une musique de petits garçons qui ne veulent pas grandir, mais ont intégré un solide background technique (plus l’amour des postérieurs féminins) en cours de route.

Plus que tout, il est donné à voir combien le combat pour insuffler du funk à la rigidité froide des drum machines aboutit à une énergie magique qui traverse les âges. On vous le redit : ce DVD est indispensable pour les amoureux du genre, et le meilleur point d’entrée qui soit pour qui souhaite s’y intéresser. Hélas aucun sous-titre n’est disponible, mais en étant raisonnablement bilingue les interviews restent faciles à comprendre (à l’exception des Anglais et de leur accent à couper au couteau !). Et de toute façon le plaisir des yeux, lui, reste intact.

Vous pouvez commander Darkbeat directement en ligne à cette adresse.

Et au passage on ne résiste pas à l’envie de vous remettre la bande-annonce et un petit extrait :

records review
tracklist Darkbeat, an electro world voyage