Le hardcore will never die, OK, mais cycliquement se pose la question de savoir qui lui colle un fix de fortifiant. Parce que, bon :
La Hollande a du mal à faire bander même les puceaux, depuis quelques temps.
L’Angleterre qui nous fait le coup des breakbeats sur du gros kick depuis 15 ans, hein.
La France qui plus que jamais rime avec errance.
L’Italie dont les labels Traxtorm et Randy 909 % ne cachent pas la misère de sa scène.
L’Allemagne, qui… Qui quoi d’ailleurs ?
L’Europe de l’est et sa schranz monopattern.
Donc, en attendant que les mineurs amateurs de Tecktonik fassent leur puberté et se décident à faire des moulinets sur un hardcore de fait bien ragaillardi, l’ennui menace. Sid Vicious s’était dépêché de mourir pas longtemps après le punk, mais le genre musical qui nous occupe ayant annoncé très vite qu’il était là pour l’éternité, l’option suicide pouilleux, pratique et romantique, est fermée. Et comme souvent lorsque l’Europe se débat avec les termes d’un marasme né de ses atavismes, les USA interviennent.
A la tête des troupes, un Fiend super productif, aux tracks magnifiant la rencontre du groove et d’une straightness devenue rare.
Pas très loin, un Tense usinant des masterings déchiratoires transformant les enceintes en creusets bien deep. Et Apocalypse Recs se porte bien, merci : écouter le récent n°8 quelques dizaine de fois avant d’en voir le bout.
Deux bonnes nouvelles : Broken Rules et Forsaken Is Dead. Un Pendeho crissant jusqu’au redoutable, un méchant IST en collaboration avec Fiend pour le premier. Un USR sauvage, deux 7’’ très mécaniques sur Six Feet Underground, deux tracks incendiaires sur Apocalypse, un Meta4 plus-indus-tu-meurs pour le second. Parlons d’un hardcore noirci aux lignes freaky débarrassé de l’obligation de donner le mode d’emploi d’une montée au moment de massacrer les cerveaux.
Autre nouvelle réconfortante : Delta 9 peut encore balancer à la gueule du monde son hardcore gonflant à bloc ses racines gabber pour en faire saillir la charge malsaine, cf ses tracks sur Sadistic.
Bien sûr, Industrial Strength est aussi dans la place : il fallait bien que le label de Lenny Dee eût encore une aura pour arriver à tirer de Drokz son splendide remix de Moshpit sur le n°68, alors que le Master of Terror hollandais usine depuis trop longtemps des redites voire des non-sens confinant à la tribe qui font saigner le cœur.
Aux commandes de ce qu’on espère pouvoir appeler sous peu un renouveau du hardcore US : une hargne intacte, où quand les cousins américains pilent les petits européens occupés à chialer sur leur nombril que la scène va mal.
! Keep it hardcore !


