« J-Tek ressuscite la recette perdue de longue date du son « jungle techno ». Fusionnant rythmes 4/4 et breakbeats syncopés et funky, il nous ramène à un âge classique de la musique électronique (1992-1994) qui fut bref mais rempli d’énergie. J-Tek nous sert de pont entre les idées du passé et les techniques du futur, et à un tempo de 140-150 bpm, autorise beaucoup de possibilités en terme de crossover avec d’autres genres ».
Derrière ce nouveau label aux belles intentions on retrouve des pointures de la vague jungle-tekno originelle, qui n’arriva d’ailleurs jamais vraiment jusqu’à nos cotes, plus des acteurs de la scène drum n’bass britannique passée et actuelle. A savoir Outrage (Metalheadz, Basement Records), Digital (Metalheadz), Modular (HardLeaders, Flex), Aperture (Metalheadz, Paradox Music) et le vétéran junglist Randall (Metalheadz, Reinforced).
Avec un plan marketing étudié et l’intention de promouvoir le genre via des soirées régulières, l’affaire semble sérieuse. D’autant que pour éviter l’étiquette d’affreux rétrogrades (pas bon pour le business ça), le crew souligne que la jungle-tekno de 2008 diffère beaucoup de son ancêtre, et puise son inspiration dans « la jungle, la techno, l’electro, la house, l’acid, le hip-hop, le dub, le reggae et bien d’autres choses... ».
Tout cela serait plutôt pour nous plaire, mais les morceaux en écoute sur le myspace sont loin de nous coller un rush. Seul « Escape » laisse vaguement entrevoir le potentiel de l’idée, si les productions se multiplient et que d’autres producteurs embrayent. Il est vrai en revanche qu’on ne serait pas contre entendre plus de prods d&b dans cette plage de BPM.
On peut aussi rappeler que The Panacea et Raiden ont, depuis quelques temps déjà, inauguré un genre de jungle-tekno contemporaine à leur sauce… pour un résultat à peine plus excitant selon nous. En ce qui concerne le vrai son hardcore anglais tant célébré en ces pages, il existe aussi une scène auto-baptisée « hardcore breaks » dont l’ambition est de revitaliser le son de 92 avec une production actuelle. Beaucoup trop nostalgique et calquée sur son modèle pour être davantage qu’attachante, elle n’en reste pas moins bien plus fun si on s’intéresse au haut du panier, par exemple les productions du duo finlandais Nervous+Anxious.
Reste que le vrai « neo-ardkore » qui retrouverait l’euphorie féroce, les émotions uniques de l’original dans une forme vraiment nouvelle, reste à inventer…


