Bloquée dans une période de stagnation sans précédent (le temps de digérer les nouvelles règles du jeu induites par internet, espère-t-on), la dance music électronique ressuscite le moindre obscur sous-courant de son histoire-labyrinthe. Acid House, electro-funk, italo, miami bass, new beat, tout y passe...
C’est ainsi que l’improbable cosmic disco a refait surface il y a déjà plusieurs saisons (très bon article téléchargeable ici si la chose vous intrigue), devenant même une grosse affaire dans certaines régions d’Europe. Ceci planté, ce que nous avons là est la toute nouvelle sortie de Hans-Peter Lindstrøm, l’un des leaders de la scène. Il produit une sorte d’euro-disco sous LSD, transe (trance ?) de boules à facettes matinée de space rock. Des morceaux qui s’étirent sur parfois plus de 10 minutes, traversés d’effets spéciaux sci-fi et dub, de sex-divas lascives qui s’abandonnent aux arpèges de moog tourbillonnants, d’éléments pop ou expérimentaux. Comment lui en vouloir ? Puisque l’idée de « futur » a perdu presque toute son aura au tournant du millénaire, le rétro-futurisme s’impose de lui-même...
« Let It Happen » invoque donc les énergies discoïdes qui sont la marque du Norvégien, mais dans un registre moins trippé que d’habitude. Nous ne sommes plus dans un cosmos de space opera mais sur la Costa del Sol en cabriolet au crépuscule. Pour la petite histoire, il s’agit de la reprise d’un titre de 1973 par Vangelis, alors en pleine phase prog-rock baba cool. La cover de Lindstrøm (présentée en deux versions, avec ou sans les vocaux de la belle Solale) souffle la même brise baléarique insouciante. Sans grande montée, à un tempo 100-110 bpm, il accouche pourtant d’une nouvelle réussite dancefloor qui fait son oeuvre en douceur. C’est funky, tout en hédonisme tranquille et remarquablement bien fait sans trop se prendre au sérieux. C’est Ibiza sans les Guetta avec de la bonne musique. Dans un monde parfait, ce serait le tube de l’été.
En face B, « Buenos Aires 2am » n’est pas un morceau mais la lecture d’une nouvelle, gagnante d’un prix littéraire intitulé « Late Night Tales ». Prix dont Lindstrøm a réalisé et mixé la compilation officielle qui sort ces jours-ci.





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