La dance music électronique est en cours d’appropriation par le public indie rock. Daft Punk, groupe le plus surestimé de tous les temps, travaille le grand gloubi boulga house-disco-rock depuis des années (souvenez-vous Discovery et ses arpèges comme des solos d’AC/DC). Les 2 Many DJ’s ont su imposer une éthique fraîche du peu-importe-le-style du moment que ça se danse (et qu’on ne s’ennuie pas). Et puis il y a eu le big beat, l’electro-rock et une légion de groupes de festivals qui n’avaient d’house ou de techno que l’équipement. Bref, le phénomène couve depuis longtemps.
Le carton des Justice/Simian et la clique Ed Banger est la conséquence logique de tout cela. Fatalement leur succès fait des émules. Pas forcement par opportunisme d’ailleurs, mais parce que le truc est dans l’air, colle à l’époque. Donc là-dessus arrivent d’autres projets. Dont les Canadiens d’MSTRKRFT. Cas typique : d’anciens membres d’un groupe punk rock (comme les Daft…il n’y a pas de hasard) séduits par la culture club. Les jacks quittent les guitares et se rebranchent dans les machines. Mais une partie de l’esprit reste.
Comme ça se veut spontané et frais, la formule est simple : une boite à rythme bien old school genre TR-707 jouant des patterns pile entre le feeling humain d’une batterie disco et le groove méchanique de l’electrofunk, des médiums agressifs de synthés plongés dans une distorsion de guitare, ou parfois plus rétro-boule-à-facettes. Un peu de vocoder par ci, des handclaps par là pour bien signifier que c’est la fête. Et on ne se prend pas le chou, parce que de toute façon c’est bien connu tout a été fait, alors autant s’en coller une, jumper en rythme et se marrer un bon coup…
Mouais.
Autant Justice et ses amis (plus encore ses amis) accouchent par moments de vraies petites bombes dancefloor, autant là ça manque de consistance. De tout l’album, il n’y a guère que « Paris », malicieusement composé sans pour autant sonner précieux ou quoi, qui effectivement galvanise, rugit, fonctionne. Le reste sonne un poil creux. C’est direct et cru, mais aussi très inoffensif derrière l’emballage hype.
Mais qu’importe, les étudiants bourrés de la génération Myspace ont enfin leur rave music.





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