Tous les gens qui ont dansé des nuits entières là-dessus vous le diront : la vraie techno, atonale et obsessionnelle, est un aller simple pour le septième ciel…ou les mornes plaines de l’emmerdement. Qu’est-ce qui va aiguiller le train d’un coté ou de d’autre ? Le talent du deejay, bien sur. Mais en amont ? au niveau de la compo ? C’est la tension. Les meilleurs morceaux du genre travaillent l’idée de stress comme sensation plaisante. Quand on stresse c’est qu’on est en vie. Et à dose contrôlée c’est même un puissant stimulant physique et intellectuel.
Voilà un 10 pouces qui a bien compris tout cela. Et confirme que la scène acid-techno des squat parties londoniennes est peut-être le dernier vrai refuge de ce que l’on nomme péjorativement la « techno autoroute » (la schranz est encore un autre animal).
En face A : de la grosse boucle en sueur, tendue comme un câble, avec un pied qui cogne et une production bien crue mordant dans le rouge.
La face B est un exercice de techno mentale et embrumée, un cran moins dure mais aussi un peu plus originale. Chaque piste n’est là que pour isoler encore davantage le danseur dans sa bulle.. Tout n’est que sons louches, corrompus, comme ces voix liquéfiées à l’acide de batterie qui sont autant d’étranges fréquences flottantes. On retrouve bien la veine « toxique » chère à Jan Liefhebber. D’autant que la vibration générale est assez sombre et que les petits gargouillis de tb 303 achèvent avec délice de triturer les neurones…
Aucune hystérie là-dedans. Les choses se fond insidieusement, inexorablement. L’esprit se dissout dans la répétition, le corps passe en mode pilote automatique. Non seulement cette techno fait de vous exactement ce qu’elle veut, mais la garce sait en plus très bien comment obtenir votre consentement !!




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