Entre la musique d’un spot Nike et des productions house, Benji Vaughan cultive son jardin psychédélique. L’Anglais cartonne parait-il en live et c’est son deuxième album réussi sur le label d‘Hallucinogen, son partenaire sur le projet Younger Brother qui est pour lui une influence évidente.
Comme prévu on trouve le quota de tubes potentiels pour les fêtes à venir, parmi huit morceaux narratifs qui ne sont pas qu’un déluge gratuit de sons en vrille. L’alternance entre plateaux hypnotiques, montées insidieuses et grosses envolées est parfaite pour le dancefloor. Mais le vrai plus, ce sont les séduisantes volutes goa émanant d’une bonne moitié des tracks. Une touche à l’ancienne qui suinte des riff de synthés hardware, des sonorités atonales en kaléidoscope, de certains samples vocaux posfordiens à souhait, et surtout de la texture générale de rêve éveillé. Tout ça sans verser dans l’émulation pure et simple du passé à la Filteria.
Il y a bien deux ou trois passages un peu gentillets. Et l’excursion commence mieux qu’elle ne s’achève. Mais « Corridor of Mirrors » reste de ces trop rares albums psytrance qui viennent rappeler l’existence d’une troisième voie entre les bad trips insectoïdes du courant dark (qui ont leur charme) et la pauvreté Ibiza-style de la full on.





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