<span style='text-transform: uppercase;'>Chroniques</span>

Chroniques > The Horrorist - Attack Decay
chronique disque

The Horrorist - Attack Decay

Par David
Publié le 9 juillet 2007 à 11:45
Style : Techno / Electro - Goth / EBM

Notre avis : 7,5 / 10 -

Il y a six ans l’album « Manic Panic » marquait les esprits sur la base d’un concept peu commun : mêler le son PCP à de la techno new-yorkaise, et surtout penser les morceaux comme de vraies chansons utilisant à fond le potentiel narratif des sons techno. Sans abandonner le songwriting, Oliver Chesler a depuis achevé sa transition vers son vrai amour de toujours : l’underground électronique européen des années 80. C’est donc un bloc de musique synthétique brute et musclée qu’il nous livre là. Pour dire vite : du DAF ou du Nitzer Ebb qui auraient assimilé les années rave.

Bien sur, les prévisibles séances de techno body music (dont certaines sont déjà parues en maxi) parsèment le disque : « Now Destructor », « Wire To The Ear », « Body To Body »... Lignes de basse tendues et menaçantes pleines de drive + slogans scandés : ce sont des hymnes à la sueur, au corps comme machine à danser. La formule est archi-connue, mais du genre qui ne veut pas mourir car collant au plus près des besoins du danseur qui souhaite simplement se défouler.

La très bonne surprise est que Chesler, sans jamais trahir son univers eighties, ne se contente pas d’une brochette de titres EBM mono-pattern en guise d’album. « Attack Decay » est agréablement varié. Par exemple, The Horrorist confirme qu’il est capable d’écrire des titres synthpop aussi réussis que le reste : « Pain And Pleasure », comptine sado-maso qui vous a comme des relents de Depeche Mode, mais plus encore « Close to You » où le new-yorkais se pose en une sorte de Ian Curtis electro. « I’m coming for revenge, I’m close to you » s’y lamente-t-il sur fond de nappes dépressives. Comme par le passé, le vrai charme est dans la déviance ricanante qui imprègne ses petites histoires dystopiques. Une touche evil bien à lui. Que ce soit dans les intonations névrosées de sa voix, dans le contenu de textes pleins d’humour noir, et dans les sons eux-mêmes (doomy, totalitaires, vicelards). En fait tout est dans l’excellent titre de l’album : « Attack Decay » parvient à faire référence au jargon technique des synthétiseurs comme à l’agressivité de la musique et à la jubilation pessimiste/nihiliste qui s’en dégage (decay = déclin).

On ne va pas vous dire que chaque plage est inoubliable, certaines ne sont que simples exercices electro-tech de routine. Mais c’est la cohérence de l’ensemble qui frappe. Oliver Chesler fait de vrais albums de techno with attitude , qu’on aime la dite attitude ou pas. La preuve : il se paye le luxe de finir sur un morceau hardcore braillé en allemand à 200 bpm, clin d’oeil à ses prods des années 90 sous l’alias DJ Skinhead ! Une ultime surprise en forme de blast terminal qui ne jure absolument pas avec le reste. Même s’il n’est pas tout seul sur le coup, le New Yorkais confirme qu’il est bien la meilleure personne pour faire le lien entre deux dimensions parallèles : la scène electro-goth et celle des clubs techno.

Artiste(s) : The Horrorist
Label : Masterhit Recordings
Format : CD
Style : Techno / Electro / Goth / EBM
Site Web : http://www.masterhit.com

records review
tracklist The Horrorist - Attack Decay

1. Now Destructor
2. The World Will Know Us
3. Es Ist Alles Aus
4. Automatic
5. You Are Disturbing
6. Pain And Pleasure
7. 13 Dobermans
8. Shopping List
9. Room Of Posers
10. Body To Body
11. Wire To The Ear
12. Sex Machine
13. Where`s Adam
14. Trapped In An Empty Void
15. Close To You
16. The Grip Of The Cobra
17. Ich Habe Die Macht