UR renoue avec les poses guerilla-souterraine-bandana-noir qui accompagnent bien souvent leurs meilleures productions. Par exemple le double EP Electronic Warfare de 1996, dont voici la suite inespérée en 8 tracks funky et agressifs. Le son « hardcore » de Detroit repointe son museau racé et c’est tant mieux, car il reste beaucoup plus excitant que le métissage acoustique/électronique consensuel dans lequel UR s’est ensablé les chenilles ces dernières années.
Quant la Resistance s’énerve, ce n’est jamais gratuit. La mission est dirigée cette fois contre les stations radio qui diffusent toutes la même soupe aliénante (Mad Mike en a après le rap bling-bling et un certain r’n’b qui tirent selon lui la communauté noire vers le bas). Mot d’ordre : « Kill your radio before it kills you ». Arsenal : 100% analogique. Tout est cru, à l’ancienne. Ce qui n’exclue en aucun cas la géniale musicalité qui fait l’étincelle UR depuis quinze piges.
Tout commence avec « I AM UR » et ses « we will resist » scandés poing en l’air sur du gros synthé industriel rapeux, flanger menaçant et breakbeat de boite à rythmes. La couleur principale du disque est posée. C’est dans la même humeur electro-break syncopé et patibulaire qu’avance « Bastille Day » (enregistré à Paris) et ses nappes descendantes pleines de tension urbaine. Idem pour « Kill My Radio Station » et son speech revendicatif, et re-idem pour le meilleur titre, « Kut (UR Heavy Analog Deployment ) », qui dégaine un riff guerrier proche du « Electronic Warfare » original, mais souligné cette fois de voix et stabs soul-funk cutés à l’arrache pour mieux simuler l’euphorie de l’insurrection : jamais le cliché qui voit en Undergound Resistance les Public Enemy de la techno n’aura été aussi sciemment mis en scène par le posse de Detroit.
« Replaced By Robots » et « Detonate » sont deux titres de manipulations analogiques faits de bleeps et de blurps. Remplissage fastidieux pour le premier, plus prenant pour le second. « 4 Down » est une lente, sombre plage d’outro suintant une atmosphère de souterrain humide. Sachant qu’entre temps le diamant aura croisé « Technology Gap », un morceau techno + lyrics dont la basse synth-funk déclenche les réflexes de trémoussage les plus primaires sans négociation possible.
Ce n’est pas fini. Un petit 7’’ complète le package. Et il n’a rien d’anecdotique puisque sur la face A se cache le très solide « In & Out », en droite ligne des balles précedemment évoquées. La face B est l’acapella de « Kill My Radio Station » avec la voix (traitée) d’Optimus Pr... pardon, de Mad Mike expliquant comment il compte prendre d’assaut les locaux de la FM locale pour régler quelques comptes.
Le disque est d’ores et déjà épuisé chez pas mal de shops en ligne... mais encore commandable ça et là en creusant un peu.





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